La rougeole est une infection virale hautement contagieuse. La transmission se fait essentiellement par voie aérienne. Le virus se transmet soit directement auprès d’un malade soit parfois indirectement en raison de la persistance du virus dans l’air ou sur une surface contaminée par des sécrétions naso-pharyngées. Entre 1985 et 2005, la rougeole était surveillée par le réseau sentinelles de l’Inserm (unité 707). L’introduction d’une dose de vaccin anti-rougeoleux dans le calendrier vaccinal en 1983 puis d’une deuxième dose en 1997 ont fait progressivement chuté le nombre de cas et qui était estimé, à partir des données du réseau sentinelles (Inserm, unité 707), à 331 000 en 1986 et à 4 448 cas en 2004. En raison de la plus faible circulation virale, le réseau a observé en parallèle une augmentation de l’âge moyen de survenue de la maladie, la proportion de cas de plus de 10 ans étant passée de 13 % en 1985 à 62 % en 2002.  En raison de la baisse du nombre de cas rapportés ces dernières années par le réseau sentinelles, les estimations sont devenues imprécises et les zones de transmission active du virus risquent de ne pas être détectées. C’est pourquoi la rougeole est redevenue une maladie à déclaration obligatoire en 2005.

Clinique et diagnostic biologique

La période d’incubation dure 10 à 12 jours. Après exposition, le délai d’apparition de l’éruption est de 14 jours en moyenne (de 7 à 18 jours). La phase d’invasion dure 2 à 4 jours et se manifeste par l’apparition d’une fièvre à 38,5 °C, d’un catarrhe oculo-respiratoire (toux, rhinite, conjonctivite) accompagné d’un malaise général avec asthénie. Le signe de Koplik, pathognomonique, est inconstant. L'éruption maculo-papuleuse dure 5-6 jours. La phase de contagiosité démarre la veille de l’apparition des prodromes et s’étend jusqu’à 5 jours après le début de l’éruption.Les formes compliquées sont plus fréquentes chez les patients âgés de moins de 1 an et de plus de 20 ans. La première cause de décès est la pneumonie chez l’enfant et l’encéphalite aiguë chez l’adulte. Des formes atténuées peuvent être observées chez les patients avec une immunité altérée.Compte tenu de la raréfaction de la maladie, le diagnostic de la rougeole doit être confirmé biologiquement. Le diagnostic repose notamment sur la mise en évidence d’IgM spécifiques dans le sérum ou la salive (le prélèvement doit être réalisé 3 et 28 jours après le début de l’éruption) ou sur l’augmentation du titre des anticorps, en s’assurant qu’il n’y a pas eu de vaccination récente. Des techniques de détection du virus par RT-PCR actuellement standardisées permettent de poser un diagnostic à partir d’échantillons de sang, de salive, rhino-pharyngé ou d’urine.

Prévention et vaccination

Chez les nourrissons et les enfants, le calendrier vaccinal prévoit l’administration d’une première dose de vaccin rougeole-oreillons-rubéole à 12 mois et une seconde dose avant l’âge de 2 ans. Un rattrapage vaccinal (total de 2 doses de vaccin triple) est recommandé pour toute personne âgée de plus de 24 mois et nées depuis 1980.

La déclaration obligatoire consiste à recueillir des informations aussi exhaustives que possible concernant tous les cas de certaines maladies dites "maladies à déclaration obligatoire" auprès des biologistes et médecins.

Pour les cliniciens, tout cas de rougeole (clinique ou confirmé) doit être signalé sans délai à l’Agence régionale de santé (ARS) dont ils dépendent. Le signalement peut être effectué par tout moyen (téléphone, fax…) ou à l’aide de la fiche de notification spécifique3. Cette fiche est alors faxée à l’ARS même si tous les items ne sont pas renseignés. La personne en charge de la veille sanitaire rappellera ensuite le déclarant afin de compléter la fiche notamment en ce qui concerne les examens biologiques. 
Le signalement est déterminant pour permettre à l’ARS de déceler rapidement des cas groupés ou identifier une chaîne de transmission. Le signalement est suivi par l’envoi d’une fiche de notification obligatoire (à moins que cette fiche n’ait déjà été adressée l’ARS au moment du signalement) sur laquelle le médecin déclarant aura complété la description du cas.

Pour les biologistes, tous les cas positifs de rougeole diagnostiqués au laboratoire doivent être déclarés de la même manière que pour les cliniciens, à l’ARS. Ce double circuit permet de rapprocher les signalements et notifications et de relancer les cliniciens qui n’auraient pas notifié les cas confirmés biologiquement, afin de disposer de données les plus exhaustives possibles.Dès le stade du signalement, des mesures préventives pourront être prises en plus de l’éviction du cas : recherche d’autres cas et vaccination des sujets réceptifs dans l’entourage. Que le cas soit clinique ou confirmé, ces mesures pourront être appliquées aux contacts proches (entourage familial, enfants et adultes de la même section en crèche ou en halte garderie, enfants et adultes exposés au domicile de garde quand le cas est gardé par une assistante maternelle). Elles seront élargies aux contacts ayant partagé les mêmes locaux en collectivités (école, collège, lycée, lieu de travail…) si le cas est confirmé. Il est ainsi recommandé au clinicien de mettre en œuvre les mesures préventives dans l’entourage familial et, au personnes chargés de la veille sanitaire à l’ARS, en liaison avec les médecins des services concernés, d’identifier les contacts extra-familiaux et de s’assurer que les vaccinations nécessaires ont été proposées ainsi que pour certains contacts la recommandation d’immunoglobulines a été faite.

 

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